Notte E Girnio Faticar

Nuit et jour se fatiguer.
Reprise du rythme dit "normal".
Métro, Boulot, Dodo, le trio classique, version Deluxe, comme la Poursuite Triviale d'un espoir collectivement étudiant:
Débouchées.
Débouchées.
Trouver la débouchée.

Chaque jour le projet change. On est les couillons dans la caverne de Platon. Oui, on voit la lumière du dehors: DEBOUCHEE. Et on essaie de déterminer d'où vient cette fouttue lumière qu'on ne pourra jamais observer en face. Lumière du professorat? Lumière de l'édition? Lumière de l'intermittentisme?

ahah.
Tout à l'heure, Clément vient me voir avec un petit bouquin. Dedans, plein d'abréviations sympathiquement traduites. Ironiquement véridiquement traduites:

BAC: Bienvenue Au Chômage
BTS: Bousille Ta Scolarité.
RATP: Rentre Avec Tes Pieds.

Et pas écrit sur la couverture du bouquin, de manière pas rassurante: DON'T PANIC.

Je crois que ce que la fac m'apporte, c'est surtout l'apprentissage de nouveaux mots et concepts.
Opoïaz. Déictique. Zaoumny. L'identité de l'identité et de sa non-identité. Sisi.
et que c'est CAPITAL, et que c'est TRES IMPORTANT.
Personnellement, je trouve que la théorisation abusive de la langue a tendance à empêcher de parler.

Pour mon anniversaire, je veux une tasse thermos. Pour amener mon café en cours, comme la fille qui est deux rangs devant moi.
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# Postato giovedì 08 ottobre 2009 16:27

Il y a un mode d'emploi pour tout

Voilà le type de vidéos qu'on peut trouver tout à fait innocemment sur Youtube, innocemment comme c'est pas possible, on commence par chercher des parodies du Seigneur des Anneaux, puis on se dit qu'on s'écouterait bien du Disney en russe ou en anglais, Under The See, Poor Unfortunate Souls, Kiss The Girl, et Youtube, alors, se dit soit:
1) que si on reste coincé dans les Disney on n'aura jamais la maturité pour bien embrasser
2) que Kiss The Girl est une chanson qui a un rapport immédiat avec "How to tell your Boyfriend he's a bad kisser"
La curiosité aidant, eh bien en tout cas on clique sur le lien et on se rend compte que c'est rigolo tout plein, et qu'il y a plein d'autres modes d'emploi comme celui ci: How To Tell Your Parents You're Accidentaly Pregnant, How to make your Boyfriend's Parent Like You...

Cela dit, en regardant la vidéo, on n'est pas persuadé que les concepteurs du HowCast aient vraiment trouvé la clé.

Il y a une aide pour tout. Je veux dire, même dans les mondes virtuels comme... euh... au hasard... World of Warcraft? Comme dirait Skid la Sage, riche de sa grande expérience de joueuse et excellent wawa, WoW c'est devenu "un jeu d'assisté". Et on ne parle pas que des add-ons. A chaque mise à jour, on nous facilite un peu plus la tâche.

Comme cet article sent décidément le geek, je pense qu'on va pulvériser un petit parfum à la fleur printanière en s'attaqu(ch)ant à un site qui n'implique pas d'être geek, Facebook. Facebook t'aide à trouver les futurs prénoms de tes enfants, à connaître l'initiale de ton âme soeur, à savoir si tu es gay ou non, et éventuellement, à décider si tu dois oui ou non te pendre. Maintenant, où est la nécessité de consulter un psy?
Facebook t'aide à retrouver tes amis. Moi avant Facebook, je prenais mon petit baluchon et je sillonais la Seine-saint-Denis en frappant à toutes les portes dans l'espoir de retrouver mes amis de primaire, histoire qu'ils me refilent mes vieilles photos de classe avec marqué Sonia Magneuh au dessus de ma tête, mais au dos.
Car c'est ça la véritable avancée de Facebook. Avant, ton prénom, il était écrit au dos de la photo de classe, et c'était chiant de te retrouver. Maintenant, c'est écrit dessus, et ça n'abime même pas la photo.

Aux Solidays, Amélie a dit: "Le camping, on dirait Hobbitbourg". Je crois ces paroles sages.
Vivre dans la Comté, ça doit être le pied (poilu). On n'a pas d'add-ons, pas de tests, pas de Howcast, mais au moins on a du gazon. Et j'aime ça.

# Postato martedì 21 luglio 2009 07:11

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Des câlins, le matin, j'en veux plein plein plein plein plein.

# Postato domenica 17 maggio 2009 13:38

Thème: Prisons

Thème: Prisons
La Sortie

Eric vient souvent nous voir. Il n'est plus le même, depuis qu'il est sorti. Lorsqu'il était enfermé, comme nous, il vivait constamment dans l'anxiété et l'appréhension. Il avait comme nous cette peur du grand jour. Comme nous.
Cela fait si longtemps maintenant, qu'on est enfermés, si longtemps et je ne saurai me souvenir ni le jour ni le mois, ni même l'année -de manière précise- où je me suis retrouvé ici, dans cette espèce de cage. Ca me fait bizarre quand je m'imagine sortir. Ca me fait bizarre quand je m'imagine dehors.
Ca nous fait bizarre et on se demande ce qu'on ressentira.
On n'ose pas demander à Eric, ou plutôt, quand il est face à nous, on ne pense plus à poser la question. Il fascine. C'est souvent qu'il vient nous voir, mais toujours ça nous fascine. Il allume une Slim avant de nous dire bonjour, il se pose, il a un tout petit sourire, sourire suffisant pour fasciner. Il fait la conversation, puis, quand on s'approche du sujet, il a cette phrase: « Vous, vous êtes dedans, moi je suis dehors, et je m'en suis sorti tout seul ». En vérité, ce n'est pas toujours cette phrase, parfois il le dit autrement, en plus long, en plus court, ou avec d'autres mots, mais en gros, le message, c'est ça. Il donne l'impression qu'il n'a jamais eu peur, qu'il a le courage ancré en lui depuis toujours. On en oublie presque la vérité. C'est comme s'il ne s'était pas débattu dans sa cage, pas retourné le cerveau dans tous les sens la veille de son évasion programmée. C'est du fait semblant, mais moi je n'oublie pas, malgré tout son cirque de décagé, je ne peux pas oublier cette panique qu'il avait dans le regard, cette redoutable angoisse, ces sanglots de gamin oublié dans le noir. « Et si ça se passait mal? » Il n'arrêtait pas de répéter ça alors que nous tentions de le rassurer. Pas même il ne nous écoutait. Simon et moi, on était persuadés qu'au dernier moment, il renoncerait, qu'il chiffonnerait tout ce plan basé sur des anticipations, des extrapolations qui auraient fichu le camp en même temps que son courage. Convaincus qu'il se pisserait dessus avant d'avoir rien accompli, et qu'il resterait coincé ici, comme nous, plus résigné que jamais.
Mais non. Il est là, dehors, et je le regarde, tous les deux on le regarde, fascinés.
« Vous comptez faire ça quand? »
Il tire sur sa petite cigarette.

Quand? Bientôt. On compte faire ça bientôt. On ne veut pas que quelqu'un d'autre le fasse à notre place, on s'est promis qu'on le ferait ensemble.
Je ne sais pas comment, c'est devenu une nécéssité. Le faire. Sortir de là pour de bon. Depuis quelques semaines, on y pense, et on a tout simplement commencé à agir de la même manière qu'Eric. On s'est mis à tout préparer, à anticiper le moindre risque. On s'est mis aussi à redouter le pire.
Que ferions nous devant le pire?

Le meilleur, on y pense moins. On n'en parle presque pas.

Hier, Simon a pleuré. Il m'a dit qu'il avait peur, qu'il savait, au fond de lui même, à quel point cette peur était justifiée, qu'il valait mieux laisser tomber, abandonner cette idée absurde, oui, car finalement, n'est-elle pas absurde, cette idée, et est-ce qu'on a tellement besoin de faire ça?
Je lui ai répondu qu'il ne devait pas s'inquiéter. Que nous étions deux, et que c'était notre chance. Que si le courage venait à nous manquer, il suffirait de penser à l'autre pour trouver la volonté.
On compte l'un sur l'autre.

On s'est donné une date. Une occasion. Ce sera un midi, l'heure du repas -oui, c'est un classique. Mais après tout, c'est le moment idéal, celui où tout le monde est détendu. Simon et moi sommes bien d'accord, c'est là qu'il faudra agir. Prendre les devants. Chacun de son côté.
Il faudra prendre des précautions, un tas de petites précautions. Surtout prendre notre temps, ne rien bâcler surtout. Il ne manquerait plus que nous perdions notre calme, que nous agissions avec peur et précipitation, que nous nous rendions plus vulnérables encore. Il faudra se construire une invulnérabilité. Et surtout, à aucun moment -pour aucun motif d'aucune sorte- à aucun moment il ne faudra revenir en arrière. Pas même envisager de revenir en arrière. Aller jusqu'au bout, c'est tout, et que ce soit fait.

***

Lorsque le jour est finalement arrivé de sortir, je me sentais serein. J'étais préparé, j'avais tout préparé. Tout a réussi. C'était à pleurer de bonheur.

Je suis rentré dans ma maison. J'ai embrassé mon père et ma mère, on a pris un bon repas. Je leur ai tout dit, tout raconté, j'ai retracé pour eux mon difficile parcours, ils en ont été émus. Ils ont pleuré avec moi, un peu. Mon père -je ne l'en croyais pas capable, je ne savais pas qu'il avait ça en lui; mon père a débouché une bouteille de bon vin. Il a levé son verre et il a dit: « Tu es courageux, mon fils, et je suis fier de toi. Je te défends de ne jamais te reprocher quoique ce soit car tu n'as rien à te reprocher. Sois fier ». Ce ne sont pas ses paroles, pas tout à fait, mais c'est ce que j'en ai retenu, un discours bref et bienveillant. J'étais si heureux, je me sentais si libre, tout d'un coup je me suis mis à comprendre Eric, à approuver parfaitement cette fierté écrasante. « J'en suis sorti, enfin ».

Simon n'a pas eu ma chance. Cruelle évasion. On lui a ouvert la porte, on a pointé l'index vers le dehors et on lui a dit: « Pars. On ne veut plus de toi ici. On ne te connaît plus ».
Il est si malheureux; et je n'ai pas encore trouvé la clef pour le consoler. Je me dis, je lui dis qu'au moins, il n'est pas à la rue. Le pire, nous l'avions prévu. Il vit avec moi, dans ma maison, et nous sommes ensemble, nous sommes unis.

Eric vient toujours nous voir. Maintenant que nous en sommes sortis, comme lui, il ne nous regarde plus de haut. Je retrouve dans ses yeux, dans le mouvement de ses lèvres lorsqu'il s'adresse à Simon, une fragilité qui m'émeut. Depuis le temps, je me demande même, finalement, si ce n'était pas plutôt nous qui le regardions d'en bas. Il dit:
« Vous avez de la chance de vous avoir l'un l'autre. S'il m'était arrivé la même chose qu'à toi, Simon... Seul comme je suis, je ne sais pas... Je ne sais pas comment comment je m'y serais pris pour surmonter... »
Ses lèvres mouillent le filtre de la Slim. Il ne fume pas, il mâchonne, et je retrouve en lui l'enfant qui se souvient de la peur.
« En tout cas nous voilà tous sortis du placard, pas vrai? Alors promettons-nous de ne plus nous cacher. Nous sommes libres, nous sommes dehors, nous sommes sortis ».
Puis il retire la cigarette de sa bouche et nous serre tous les deux dans ses bras. Juste quand ma tête rencontre son épaule, je réalise vraiment tout ça. Je revois la libération, je me revois ouvrir la porte du placard avec notre unique clef pour le dehors, ces trois mots, cette formule magique si difficile à prononcer « Je suis homosexuel ». Je revois mes parents si fiers de me voir paraître avec en moi plus de vérité que jamais. Je la trouvais ridicule, cette image de placard, mais finalement elle a tellement de sens. J'imagine les parents de Simon croyant voir sortir un monstre du placard aux balais, comme sur les illustrations des contes pour enfant.
Pourtant il est si beau, mon monstre.

# Postato sabato 25 aprile 2009 07:46

Modificato domenica 26 aprile 2009 09:05

Ocean without a shore

Ocean without a shore
Au fond c'est comme faire une fugue. On a la sensation d'être libre, on découvre de nouveaux paysages et on respire l'air frais... Mais au fond on pense toujours à sa maison, à l'endroit où l'on est vraiment le mieux. Et quand on pense à l'éventualité du retour, on a peur... Peur que tout nous ait été dérobé en notre absence, ou qu'un intrus se soit chaudement installé à notre place. Et on se prendra ça dans la gueule: "t'avais qu'à pas partir".

# Postato domenica 19 aprile 2009 15:15